COLLECTIF HORS-JEU

Film documentaire

sur l’histoire du football au féminin

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Les femmes n’ont pas attendu leur tour pour jouer au football. Elles étaient là.

Pourtant, leur pratique a été freinée, marginalisée et parfois interdite. En France, il faudra attendre 1970 pour que la FFF reconnaisse officiellement la pratique féminine, et 1991 pour que la FIFA organise la première Coupe du monde féminine.

Aujourd’hui, nous demandons à l’État français, au ministère des Sports, à la FFF et à la FIFA, chacun pour ce qui relève de son histoire et de ses responsabilités, trois choses simples :

Reconnaître. Présenter des excuses. Transmettre.

Parce que le retard du football pratiqué par les femmes n’est pas naturel.

Il y a une histoire.

Et cette histoire doit être reconnue.

Vous souhaitez soutenir cette démarche ? Signez la tribune ci-dessous.

TRIBUNE

FOOTBALL : IL EST TEMPS DE RECONNAÎTRE L’HISTOIRE DES FEMMES

L’histoire du football est aussi celle des femmes.

Il est temps de la raconter dans son intégralité.

En France, des femmes jouent déjà au football au début du XXe siècle. 

La Fédération Française de Football situe la première rencontre féminine organisée en France en 1917. 

Pourtant, il faudra attendre le 29 mars 1970 pour que la FFF reconnaisse officiellement la pratique féminine et ouvre ses clubs aux licenciées. 

Plus d’un demi-siècle sépare ces deux dates.

Entre-temps, leur pratique n’a pas simplement connu un développement plus lent. 

Elle a rencontré des résistances sociales, médicales, politiques et institutionnelles.

Sous le régime de Vichy, un arrêté publié le 27 mars 1941 interdit aux femmes la pratique de plusieurs sports, dont le football, au nom notamment

de la « protection de la maternité ». 

Le football pratiqué par les femmes connaît alors une longue période d’effacement avant son renouveau dans les années 1960.

Pendant ce temps, les grandes institutions du football se sont construites autour de la pratique masculine. 

Lorsque des compétitions internationales féminines apparaissent à la fin des années 1960 et au début des années 1970, elles ne sont encore reconnues

ni par la FIFA ni par l’UEFA. 

La première Coupe du monde féminine organisée par la FIFA n’aura lieu qu’en 1991, 61 ans après la première Coupe du monde masculine de 1930.

Cette histoire compte.

Parce qu’elle permet de regarder autrement une phrase que les femmes entendent encore trop souvent :

« Elles n’ont pas le même niveau. »

Comment comparer deux pratiques auxquelles l’histoire n’a pas accordé les mêmes possibilités de se développer, de se structurer, de s’entraîner,

de se professionnaliser et de se transmettre ?

Le retard du football pratiqué par les femmes ne peut pas être présenté comme naturel. 

Il a une histoire politique et institutionnelle.

Nous saluons les immenses progrès accomplis depuis. 

Des générations de joueuses, d’entraîneuses, de dirigeantes, d’arbitres, de bénévoles, de journalistes et de militantes ont conquis des espaces

qui leur avaient longtemps été refusés.

Mais célébrer les progrès ne dispense pas de regarder ce qui les a précédés.

Aujourd’hui, nous demandons à l’État français, au ministère des Sports, à la Fédération Française de Football et à la FIFA,

chacun pour ce qui relève de sa propre histoire et de ses responsabilités, d’engager une démarche officielle autour de trois actes.

1. RECONNAÎTRE

Reconnaître officiellement les obstacles politiques et institutionnels qui ont entravé le développement du football pratiqué par les femmes.

Nous demandons notamment que l’État français reconnaisse les politiques publiques ayant participé à cette exclusion, que la FFF examine et reconnaisse pleinement l'histoire ayant précédé la reconnaissance fédérale de 1970, et que la FIFA reconnaisse la place tardivement accordée aux femmes dans l'organisation internationale du football.

Nous voulons que cesse l’idée selon laquelle les femmes seraient simplement « arrivées plus tard » dans ce sport.

Elles étaient là.

2. PRÉSENTER DES EXCUSES

Nous demandons des excuses publiques pour les décisions et pratiques institutionnelles ayant contribué à exclure, marginaliser et freiner les femmes dans leur accès au football.

Ces excuses ne doivent pas attribuer indistinctement à une institution les décisions prises par une autre.

Chacune doit regarder sa propre histoire, ses propres décisions et ses propres responsabilités.

Il ne s’agit pas de juger le présent avec facilité.

Il s’agit de reconnaître ce que le passé a produit.

3. TRANSMETTRE

Enfin, nous demandons qu’un véritable travail de mémoire et de transmission soit engagé.

Que l’histoire des pionnières, des interdictions, des résistances et des conquêtes trouve pleinement sa place dans le récit officiel du football.

Que les archives soient recherchées, conservées, numérisées et rendues accessibles.

Que la mémoire des anciennes joueuses soit recueillie et transmise.

Que cette histoire entre dans les formations, les lieux de mémoire, les institutions et les grands rendez-vous du football.

Que les nouvelles générations sachent d’où elles viennent et sur quels combats leur liberté de jouer s’est construite.

Nous ne cherchons ni à opposer les femmes aux hommes, ni à effacer les progrès accomplis.

Nous demandons simplement que l’histoire du football soit racontée dans son intégralité. Les femmes n’ont pas attendu leur tour pour jouer.

Elles ont joué, elles ont été freinées, écartées, parfois interdites de terrain. 

Cette histoire doit être reconnue.

Pour regarder le passé en face.

Et pour que plus aucune génération n’ait à rattraper le temps qu’on lui a fait perdre.

Le collectif HORS-JEU

Des femmes sur tous les terrains